Arles · Visites & patrimoine
Bruno boudjelal - goudron : tanger – le cap aux rencontres d'arles

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« Parcourir l’Afrique du nord au sud est peut-être une idée qui n’a rien d’original. Pourtant, nombre d’explorateurs et de voyageurs comme David Livingstone, Mungo Park ou Pierre Savorgnan de Brazza – et avant eux des commerçants de diverses origines ou des trafiquants négriers – l’ont fait. Aujourd’hui ces chemins – que l’on aimerait emprunter librement et parcourir à travers ce continent – n’existent pas ! Routes jamais construites, en très mauvais état, ou frontières fermées en sont les principales causes. Or, les Africains ont un réel besoin de ces routes, car désenclaver l’Afrique c’est avant tout permettre à ses habitants de circuler en toute liberté à l’intérieur de leurs propres espaces. On a généralement tendance à penser que les seuls qui s’aventurent sur ces chemins sont ceux qui, poussés par la misère, décident de partir en quête d’une meilleure vie en Europe. Mais la réalité est beaucoup plus complexe : on peut croiser sur ces routes toutes sortes de personnes. J’ai souvenir lors d’un trajet Dakar–Bamako – que j’ai effectué en bus, car le train était en panne depuis cinq semaines – de ce Ghanéen qui travaillait à Dakar et rentrait au Ghana pour rendre visite à sa famille ; de ce Gambien qui partait chercher du travail dans les mines d’Angola ; de ce Rwandais qui pensait pouvoir trouver du travail au Sénégal et qui y a finalement renoncé pour retourner au Congo. Je voulais y aller, non pas guidé par une quelconque approche documentaire, mais avant tout – comme ce fut le cas pour l’Algérie – mû par le sentiment que mon histoire personnelle se prolongeait là-bas,